Développeur : Capcom
Support : CPS-1 /
Super Nintendo
Date de sortie : 1989 (CPS-1), 1991
(SNES)
Genre : shoot'em up
Fut un temps où Capcom était réputé
pour ses titres arcades. Entre Street Fighter 2 et autres
Ghosts'n Goblins, on retrouvait une série de shoots
très hardcore : 194x ! Mais on doit
également un autre excellent shoot'em up à la
société au robot bleu, adapté d'un manga
à succès de l'époque : Area 88,
sortit sous le même nom sur borne d'arcade
CPS puis sur Super Nintendo.
Chose appréciable pour l'époque, bien qu'issu d'une
licence inconnue chez nous, l'occident a eu droit à un
portage du jeu, renommé U.N. Squadron pour
l'occasion. Attardons-nous sur la version console, deuxième
shoot'em up en date sur Super Nintendo,
après le célèbre R-Type.

Tout d'abord, chose rare pour
l'époque, le joueur doit choisir parmis trois pilotes
charismatiques issus du manga. Ce choix ne sera pas anodin, puisque
selon votre choix, votre avion sera plus puissant, plus
résistant, ou capable d'attaques simultanées. Vous
voyez déjà ici tranparaître des
éléments de gameplay, qui s'avère d'ailleurs
bien plus riche et varié que sur bien des shoots de
l'époque, et même d'après.

En effet, premier
élément important, le joueur, une fois son pilote
sélectionné, va devoir choisir son coucou (tous d'un
design existant ou prototype) et son armement secondaire, un peu
comme dans un Ace Combat. Mais ce double choix va dépendre
du pécule engendré lors de vos missions en abattant
le plus d'ennemis possibles. Or si passé les deux-tiers du
jeu, vous devriez pouvoir accéder au F-200, l'avion ultime
coûtant un million de dollars, il va vous falloir jongler
avec les apareils et armes de bases pendant assez longtemps. Les
armes doivent en outre être rachetées avant chaque
début de mission. Si le choix est très limité
sur les vieux aéroplanes, le F-200 pourra accéder
à toute la panoplie, et dans des quantités plus
élevées. Car en plus de l'aspect payant, les armes
secondaires sont en quantité limitée : à
utiliser avec parcimonie ! Cependant, vous pouvez embarquer
plusieurs de ces armes, et switcher entre elles à tout
moment par simple pression sur un bouton. Cerise sur le
gâteau, les munitions non utilisées vous sont
remboursées en fin de mission ! Le panel est vase, de
l'attaque de zone en passant par la bombe ou le missile à
tête chercheuse. L'arme principale a aussi sa petite
originalité, puisque la collecte d'item de renforcement
(à la Gradius) vous permettra d'augmenter peu à peu
de façon définitive la puissance et la zone d'effet
de votre canon vulcain, donnant un aspect RPG à la chose
!

Une fois ce petit aspect gestion
boucler, il vous restera à choisir votre mission sur une
carte stratégique, entre unités offensives (à
abattre avant qu'elles n'atteignent votre base), mission bonus (du
bombardement servant à se faire de l'argent facile) et
objectifs plus classiques (à remplir pour avancer vers la
base ennemie). U.N. Squadron est donc l'un des premiers
shoot'em up non linéaire !

Deuxième
élément de taille, contrairement à l'immense
majorité des shoots existants, U.N. Squadron dote
le joueur d'une jauge de vie. Mais n'allez pas croire que cela vous
tranquilise pour autant, car à chaque fois que votre avion
sera touché, il se mettra à clignoter et une alarme
de danger va retentir pendant deux secondes environ. Et c'est
là toute la subtilité, car tout autre impact pendant
ce laps de temps vous sera systématiquement fatal !
Impossible donc de sacrifier un peu de vie pour se rendre
invulnérable pendant quelques instants lors d'un passage
trop chaud, comme c'était fréquent dans les jeux
d'action du début des années 1990. le jeu est donc
difficile, d'autant plus que la perte de toutes ses vies et
continus vous oblige à recommencer de zéro ! On
n'atteint probablement pas le niveau hardcore d'un Ikaruga
ou d'un Gradius, mais le challenge est là.

Pour finir, penchons-nous sur
l'aspect technique. Si le jeu est globalement servi par de bonnes
musiques et bruitages, les graphismes, sans être moches,
n'ont pas le côté impressionnant d'un Axelay
ni la débauche d'effets d'un R-Type. Cependant,
l'univers est original pour un shoot (conflit XXe siècle),
et le tout reste honnête et agréable à
regarder, le seul vrai point noir étant les saccades (on ne
parlait pas encore de chute de framerate à l'époque),
survenant lorsque trop de gentils ennemies
apparaissent à l'écran pour vous plomber le cockpit.
Côté maniabilité, tout répond au doigt
et à l'oeil, même si jaurai tendance à dire
qu'il faut une précision un peu trop poussée lors de
certains passages, au regard de la vitesse de déplacement de
votre avion à l'écran.
On a donc là un shoot riche
et original, moins hardcore que les classiques du genre, mais qui
reste cependant ardu, faisant la part belle aux réflexes...
et à votre sens de la gestion ! L'un des meilleurs shoot'em
up de la Super Nintendo à mon avis,
malgré son grand âge (y compris par rapport à
son support). Fans du genre, ne boudez pas votre plaisir !
VERDICT
:




(BON)